(Application) La découverte de Behring (1890)
La découverte de Behring est une application où l’on peut reconstituer plusieurs expériences test et témoin pour comprendre le principe de la sérothérapie. À la fin du XIXe siècle, on pensait que la défense de l’organisme contre les agents pathogènes reposait uniquement sur les phagocytes (les globules blancs capables d’englober les microbes), comme l’avait montré Élie Metchnikoff. Mais Emil von Behring, lui, a apporté une preuve expérimentale d’un autre type de défense : la neutralisation des toxines bactériennes par des molécules présentes dans le sang, qu’on appellera plus tard anticorps.
Expériences possibles dans l’application :
Expériences témoins (de référence)
Témoin positif (la toxine est mortelle) :
Injection de toxine diphtérique seule → la souris meurt.
→ Cela montre que la toxine est bien active.
Témoin négatif (aucune pathologie) :
Injection de sérum d’une souris saine seule → la souris reste vivante.
→ Cela montre que le sérum « neutre » n’a pas d’effet toxique en soi.
Expériences test (mise en évidence de la sérothérapie)
Injection de toxine diphtérique + sérum d’une souris guérie : La souris survit.
→ Cela montre que le sérum contient des molécules (anticorps) capables de neutraliser la toxine : c’est la preuve de l’efficacité de la sérothérapie.
Injection de toxine diphtérique + sérum d’une souris jamais malade : La souris meurt.
→ Le sérum ne protège pas : il ne contient pas d’anticorps spécifiques.
(Variante) Injection du sérum protecteur → quelques jours plus tard → injection de toxine seule :
- La souris survit si l’intervalle est court (efficacité temporaire du sérum).
- La souris meurt si l’intervalle est long (les anticorps injectés ont disparu).
→ Cela montre que la durée d’action des anticorps présent dans le sérum que l’on injecte est temporaire : quelques jours à quelques semaines. La sérothérapie est une immunité passive, temporaire.
Auteur : Fabrice Pellegrin
Voir en ligne : La découverte de Behring (1890)
